Les Bergers du Soleil

« Voir l’ombre mais s’y refuser » définirait la vie de ce peuple aux migrations extraordinaires. Ni plus ni moins que la traversée totale de l’Afrique d’est en ouest. Cette phrase à double sens révèle en partit, un choix de vie mystérieux que lui seul connaît. De ce mystère qu’il l’entoure, on le méprise et on le craint. Car lorsqu’il apparaît, son visage impassible, son silence, sa dignité indifférente, ne laisse rien dévoiler de lui. Cet Homme possède une réserve habitée d’une prestance, d’une élégante possession de soi, qui force l’attention. Il préserve sa liberté loin des sédentaires, loin des rêves des autres hommes, sans jamais révéler le sien, si ce n’est ce lien magique, peut être millénaire, à l’égard de son troupeau de zébu.

Au sein de ce peuple pour devenir un être accompli, il est un chemin, qui suit un code pastoral, dicté par une connaissance de la Nature ancestrale. Reconnu et isolé : « Les Peuls sont un surprenant mélange. Fleuve blanc au pays des eaux noires; fleuve noir au pays des eaux blanches, énigmatique peuplement que de capricieux tourbillons ont amené du soleil levant et répandu de l’est à l’ouest presque partout ». (2)

Mais aujourd’hui la liberté de ces hommes et ces femmes, que nous nommons « Peuls », est compromise. Enchaînés dans notre course folle de la mondialisation, ces nomades invétérés, n’ont pas fini pour autant d’écrire leur prodigieuse histoire, d’engendrer de merveilleuses légendes.

Selon lui, « la plus noble qualité humaine, la vraie force de l’homme est de faire chaque fois confiance à la providence et ce, au péril de sa vie » (1).

C’est leur élégance et leur honneur.

Les Bergers du Soleil