N’kosi Sikeleli Africa

 N'Kosi

En Afrique, tout semble avoir une influence, un impact sur tout. Là bas, le virtuel possède encore son sens originel « Quelque chose qui a de la puissance ». Son omniprésence appelle des rites visibles et invisibles.

Là bas, les « Vieux » sont entourés de respect, car ils les ont tous transgressé, qu’ils aient été visibles ou invisibles. Ils ont surmonté les risques de chasse, les conflits, les maladies… Ils sont, par leur âge, les hauts dignitaires de la mémoire. Dans un monde ou la parole est souveraine, ils sont considérés comme les personnes ressources. On s’adresse à eux pour venir chercher, un, deux, dix… conseils. Dans leur monde, la parole est « une empreinte du vent offerte à la terre ».

Là bas, la vieillesse véhicule sa sagesse sur des sentiers millénaires, de conte, de chant, de métaphore.

« Lorsqu’une feuille tombe de l’arbre, c’est que l’arbre n’a plus besoin d’elle » me répondit un vieil homme voulant savoir ma démarche de les photographier.

Dans cet ailleurs, on parle de hauteur d’âme, pas de grandeur. Est ce pour cela qu’ils avancent sans se courber ? Fiers, malgré tout ce qui les envahit, droits, maintenus par le fil d’une vie trop riche pour être considérée indigente.

L’Afrique, est – était ? – un continent immatériel. Elle se retrouve aujourd’hui sous le feu de besoins qui la dépasse. Prise entre son destin et le notre, quel est son avenir? Celui de sa culture, de son oralité, richesse de sa mémoire. Ici la vieillesse semble être un naufrage. Là bas ?